Une histoire de bœufs

En 1832, Charles Darwin se promenait dans les interminables plaines de La Pampa argentine. Dans une lettre à sa sœur, il décrivait la vie des gauchos qui l’accompagnaient. Comme ces cowboys d’Amérique du sud, il buvait son maté (fusion à base d’herbes maté), passait la journée à cheval, et rôtissait des morceaux de bœuf au petit feu sous la lumière des étoiles. C’est qu’à cette époque, en Argentine, les vaches abandonnées par les Espagnols peuplaient les terres de la Pampa. Le travail des gauchos consistait alors à attraper et former des troupeaux de vaches qui représentaient leur unique source de nourriture. La cuisine était simple, de la viande fixée sur un bâton, plantée dans la terre près d’un feu de camp.
Si les méthodes de préparation ont quelque peu évolué depuis, la tradition autour de l’asado s’est répandue au cours des 3 derniers siècles partout en Argentine et dans les pays voisins. Les Argentins sont d’ailleurs les plus grands consommateurs de viande au monde avec un régime de 64.5 kg par personne chaque année.

Les indispensables pour un bon asado
Aujourd’hui, on utilise « la parilla » (le grill), ou « la cruz » (croix de fer mise à la verticale près du feu). La cuisson est plus ou moins longue en fonction des différents morceaux de viande et les saveurs varient en fonction du type de braise utilisé, des particularités de la région et bien sûr, des compétences « del asador ».
De manière générale, un asado comporte une multitude de morceaux de choix tels que « la entraña », hampe, « las costillas », les côtes, « bife de chorizo », contre-filet, « asado de costilla », plat de côtes, « el vacio », bavette, « ojo de bife », faux-filet, « las achuras », les abats et bien plus encore. Les types de viande varient aussi en fonction de la région, comme en Patagonie où l’on apprécie l’asado d’un agneau entier à « la cruz ».
Habituellement, la viande n’est assaisonnée que par une poignée de sel avant ou après la cuisson. La sauce typique est le fameux «  »chimichurri » » à base de poivrons et d’huile d’olive.
En accompagnement, les argentins ont également pour habitude d’ajouter quelques légumes sur le grill, il y aura toujours du pain à disposition, et en dessert le plus souvent des fruits frais. Enfin, pour arroser tout cela, rien de mieux qu’un bon vin rouge argentin tel que le malbec par exemple.

Un rituel sacré ?
Chez les Argentins, toutes les excuses sont bonnes pour un asado, mais comme la préparation demande beaucoup de temps, il prend souvent place le dimanche. L’asado est avant tout un rituel social où familles et amis se réunissent pendant plusieurs heures. Si vous avez l’occasion d’être un jour invité chez un Argentin pour un asado, c’est qu’il vous apprécie et vous donne une chance unique pour vivre la vraie culture argentine.
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